#Metoo #Balancetonporc, sexe et yoga

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Sexe : sommes-nous égaux quand nous pratiquons le yoga ? Et quand est-il du fameux #balancetonporc ou encore du #Metoo dans le monde yoguique ? Mais si vous savez ce nouveau phénomène pour sensibiliser le public sur le fléau du harcèlement sexuel.

Pour commencer considérons les forces en présence ! Vous-êtes vous amusé un jour à compter les hommes et les femmes présents dans un cours de yoga en occident et surtout en France ? Hum… hum. Allez, on va le dire clairement : les hommes commencent à s’intéresser à l’activité de leur compagne…. pour comprendre ce que les rend soudain si épanouies et j’oserai dire qu’ils sont de plus en plus nombreux à franchir les portes d’un cours de yoga… 30 % de « yoguistes » sont aujourd’hui des hommes contre 10 % il y a une dizaine d’années, selon les estimations de la Fédération Nationale des Enseignants de yoga (FNEY). Même si le yoga à l’origine était une affaire d’hommes, force est de constater qu’on peut encore les compter sur les doigts d’une main dans les séances de yoga (bah oui, 3 hommes contre 7 femmes dans un cours de 10… selon les statistiques ! Dans mes cours, ils sont plutôt de l’ordre de 2 pour 15 femmes… Et je pense que les hommes qui s’y mettent sont plutôt de la tranche d’âge 30 à 40 ans.)

Donc, non, messieurs dames, pour les chiffres nous ne sommes vraiment pas égaux !

Voyons à présent, côté physique ce que cela donne  ! Il n’y a qu’à voir, leurs regards exhorbités lorsque nous mesdames entrons gracieusement dans la pince assise (encore intitulée selon les écoles, flexion avant assise ou pour être plus universel Pashimotanasana)… ET les voir souffler comme des bœufs dans la posture alors que nous la tenons avec souplesse et sans aucun effort (je caricature beaucoup, et désolée pour les plus souples d’entre vous, je sais qu’il y en a !)

Mais aussi, on peut les envier lorsqu’il leur arrive d’entrer très facilement dans la posture du corbeau, alors que nous mesdames nos petits biceps nous font défaut ! Pas d’égalité des sexes dans les postures de yoga…. on le voit bien…

Voyons alors de plus près les motivations des uns et des autres pour se contorsionner sur un tapis de yoga ! Cela me semble plus rapprochant ! Dans la majorité des cas, les réponses des débutants, hommes comme femmes, ressemblent à cela.

“Mieux respirer !

Mieux me détendre !

M’assouplir !

Apprendre à me relaxer.

Me recentrer.”

Et là, messieurs dames, je vous le dis : face au stress, nous cherchons tous une solution. Homme et femme même combat à ce niveau-là… C’est du moins ce que je croyais, jusqu’à ce qu’un jour, un médecin spécialisé dans la gestion du stress m’apprenne que face à ce phénomène de la vie (ainsi se définit le stress selon le grand expert dans le domaine, Mr  Sélye) les femmes s’avéraient plus résistantes que les hommes. Je n’ai rien répondu, mais je n’ai pas pu m’empêcher de sourire intérieurement en pensant qu’évidemment, elles supportaient mieux le stress parce qu’elle savait mieux s’armer contre lui en fréquentant les cours de yoga. Bon alors, continuons… non, finalement, nous ne sommes pas égaux non plus à ce niveau-là.

Petite question à vous messieurs : est-ce que les hommes qui viennent en cours de yoga ou enseignent le yoga, cherchent vraiment à se détendre et à transmettre leurs enseignements ou bien à se rincer les yeux face à de superbes corps de déesses dans des postures pouvant rappeler le kama sutra (mode solo) et pourquoi pas lier quelques amitiés féminines ou plus si affinités, (ce qui peut se comprendre, nous aussi les femmes pouvons nous comporter ainsi). Et bien, avec mon recul dans le domaine, je dirai que le milieu du yoga n’est pas épargné par la drague. Et qu’il n’est pas non plus indemne d’abus malveillants.. Oui, les porcs existent aussi dans les cours de yoga. Et ce n’est pas parce que l’on se dit yogi que l’on devient soudain un saint sans impulsions sexuelles, ni velléités de manipuler/abuser des femmes par le pouvoir et la force. J’en veux pour preuve le nombre impressionnant de swamis qui font chavirer le coeur des femmes esseulées et qui, après en avoir fait souffrir quelques unes ou manipulées quelques unes (ils sont forts avec leurs siddhis), rendent finalement leur tenue orange ou se voient accuser de harcèlement sexuel. Le cas de ce fameux yogi Bikram Choudhur aux Etats-Unis, s’avère assez symptomatique. On compte contre lui pas moins de 6 accusations de viol et de harcèlement sexuel.

Une élève m’a posé des questions l’autre jour en cours sur la place du sexe accordé dans le yoga. Elle voulait en savoir plus sur le tantra… le yoga qui sacralise le sexe pour mener l’Homme à la libération ou bien encore sur ces techniques de Brahmacharya, ou on se passe de sexe pour éviter de perdre trop d’énergie inutilement. Entre pas de sexe du tout et du sexe au milieu des pratiques…  le sexe possède une place dans les discussions yoguiques. Pour ma part, je dis que ce qui importe le plus, ce n’est pas la place qu’on lui donne, mais la discrimination que l’on garde face aux discours émis sur le yoga et le sexe. La question “Ma volonté et mes désirs sont-ils respectés” doit rester au centre des interrogations de chacune et chacun pour savoir s’orienter dans ce monde pas toujours des plus spirituels, même s’il s’affiche en apparence ainsi.

D’un point de vue purement yoguique et karmique, la différence des sexes s’avère une ignorance. Tôt ou tard dans cette roue des vies et des morts, nous naissons et mourrons avec un sexe ou l’autre, peut-être que le porc d’aujourd’hui était une vierge violée dans une vie précédente…. Cela ne lui enlève nullement sa responsabilité de porc d’aujourd’hui, mais cela change aussi les perspectives. N’y a-t-il pas des bourreaux et des victimes qui sommeillent en chacun de nous potentiellement ? Oui hommes et femmes, nous appartenons tous à la même famille !

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A propos Milaparvati

Journaliste, professeur de yoga et sophrologue

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