24 heures : le jeûne du débutant.

C’est décidé, vous commencez le jeûne cette semaine*…  Enfin presque, parce que rien qu’à l’idée de vous y mettre, l’angoisse arrive : « mais, est-ce que je vais en être capable ? » Si tel est le cas, pourquoi ne pas adopter le jeûne de 24 heures. Rien de plus simple, je vous explique tout !

En principe, les yogis pratiquent ce jeûne de 24 heures les jours d’Ekadasi. (D’ailleurs, si vous avez envie d’expérimenter ce jeûne, le prochain Ekadasi, c’est demain, vendredi 13 mai. Le suivant sera le 28 mai.) Qu’est-ce qu’Ekadasi ? C’est un jour en principe dédié à Vishnou, le dieu  de la paix et de l’harmonie. On dit que si l’on jeûne ce jour-là, cela aide à obtenir Moksha, la libération (but ultime du yoga) Ekadasi se répète deux fois par mois (je donne, ci-dessous, la liste de toutes les prochaines dates à venir) Mais, si vous n’avez pas envie de vous compliquer la vie avec ces savants calculs basés sur le calendrier lunaires hindou, le mieux est de choisir un jour dans la semaine (le lundi, c’est justement très bien pour la commencer.)
Je vous conseille vraiment de choisir une date dans votre calendrier et de vous y tenir, sinon, le mental risque de vous jouer des tours. Bien évidemment on fait en sorte que ce jour-là ne se téléscope pas avec une journée particulièrement riche socialement. Se retrouver à table avec d’autres personnes, alors que l’on est sensé jeûner, n’est pas vraiment une bonne idée. En plus de mettre mal à l’aise votre entourage, vous le serez certainement vous aussi. Bref, choisir une date permet de se préparer. La veille du jeûne, le dîner doit être absolument léger, évitez complètement l’alcool. 
Le jour J : aucun aliment solide ne sera absorbé ni le matin ni à midi. Par contre, n’hésitez pas à boire beaucoup  d’eau et notamment des infusions chaudes. Je recommande particulièrement celle à la menthe poivrée, qui aide à faire passer les éventuelles sensations désagréables liées au jeûne. On parle parfois de jeûne à base de jus de fruits et de carottes, pourquoi pas ? Mais, ils sont, selon mon expérience, plus durs, car le seul fait de les avaler ouvre l’appétit et justement, on n’a pas trop envie de sentir la faim ce jour-là. Voilà pour le côté physique.
Pour mieux vivre cette journée-là, il va falloir garder le mental très occupé. Plus vous l’occupez dans des activités diverses et variées et plus la journée sera légère et gaie. Il s’agit d’orienter votre esprit vers quelque chose de positif. Jeûner n’est pas une punition et ne doit vraiment pas être vécue comme tel. Sentez au contraire que cela participe au maintien d’une bonne santé. 
Le soir du jour J : 24 heures ont passé, vous pouvez rompre le jeûne. Préparez-vous un bouillon de légumes. Dîner léger. Le lendemain, on continue à manger mais sans trop charger l’estomac. Trop facile non ? 


*attention, il est déconseillé de jeûner, notamment si l’on est enceinte et dans de mauvaises conditions physiques. Dans le cas échéant, veuillez prendre conseils auprès de votre médecin. Anorexiques, s’abstenir.

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Dates des prochains Ekadasi en 2011
Mois de Juin
dimanche 12
lundi 27
Mois de Juillet
Lundi 11
Mardi 26
Mois d’août 
mardi 9
jeudi 25
Mois de septembre
jeudi 8 
lundi 26
Mois d’octobre
vendredi 7
dimanche 23
Mois de novembre
dimanche 6 
lundi 21
Mois de décembre
lundi 6
mercredi 21

Cinq bonnes raisons de jeûner

Le jeûne fait partie des pratiques du yoga. Il a été recommandé tout au long de l’histoire de l’humanité, notamment par toutes les grandes religions de notre planète, mais à quoi bon ? 
Je vous livre ici cinq bonnes raisons pour franchir le pas. 
  1. Désintoxiquer le corps tout en mettant au repos les organes digestifs. Après un jeûne, on observe en général dans les jours qui suivent, un regain d’énergie.
  2. Dégager du temps pour méditer, faire une séance d’asanas (postures de yoga) ou toute autre activité. Vous êtes-vous déjà amusé à calculer le nombre d’heures nécessaires pour manger : à commencer par celles à gagner l’argent pour acheter des denrées, les heures à faire les courses, le temps à cuisiner, à manger et à nettoyer, puis à ranger. Sans compter toutes les activités en amont : labourer, semer, récolter, élever, distribuer, vendre, faire la comptabilité, payer des impôts, gérer, administrer, faire la guerre…etc. Manger s’avère une économie en elle-même, absolument gigantesque ! En poussant jusqu’au bout la logique, imaginez à quoi ressembleraient nos sociétés, si nous n’avions plus besoin de manger ! Donc, bonne nouvelle, supposons qu’à la fin de cet article vous décidiez de jeûner une journée par semaine, vous récupérez au moins deux à trois heures pour faire autre chose ! Un sacré luxe. 
  3. Discipliner le mental : sous prétexte de se sentir submergé par sa colère, son stress, sa tristesse, ce dernier n’a pas le droit de vous faire ingérer tout et n’importe quoi à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Nous mangeons en occident absolument trop, souvent sans sentir notre faim. 
  4. Observer le jeu de l’égo. Les jours de jeûne, il est absolument fascinant d’observer le fonctionnement du mental. Parfois rebelle : « mais pourquoi dois-je jeûner ? » Il vous donnera au moins une centaine de raisons de mettre un terme à votre jeûne sur le champ, voire à ne jamais le commencer. Parfois, il sera fière :  c’est l’attitude « Yes I can, je suis trop bon! J’y arrive ! » Tour à tour, il est capable de prendre n’importe quelle attitude. « Regardez ! Trop facile, j’y arrive ! » L’attitude fainéante : « aujourd’hui, je ne fais rien, car je ne mange pas ! » L’attitude grognon : « personne ne m’approche aujourd’hui, car je jeûne! » Le yoga recommande l’équanimité du mental face à toutes les situations… Attention : les attitudes changent d’un jour de jeûne à l’autre… Observez, et notez ! Vous pourrez alors remarquer toutes le tendances possible, et vous finirez par vous rendre compte, qu’aucune d’entre elles ne vous définit. « Mais qui suis-je alors ?  » 
  5. Redonner du sens à sa vie. Vous l’aurez compris, jeûner, n’est pas toujours choses aisée. Le plus dur n’étant sûrement pas de rester sans manger pendant une journée, mais de faire face à son mental. Plus la résistance est grande, plus le jeûne sera difficile et pesant. Par contre, si vous orientez le mental vers plus de positivité et notamment une force qui vous dépasse (appelez-la comme bon vous semble), vous noterez alors un grand changement. On ne devrait pas prendre le jeûne comme une punition, mais surtout, comme un moyen de se rappeler le sens de son existence. Si je ne suis pas mon mental et encore moins cet égo, qui suis-je ? Je vous laisse méditer sur cette question intrinsèque. Bonne pratique !