Transformer ses émotions négatives grâce au yoga ? Partie 1

Bien plus puissantes que les pensées, les émotions peuvent à la fois nous mener au pire comme au meilleur. Qu’est-ce qu’une émotion ? Première partie.  
Une émotion nous traverse parfois comme une simple vague, Peut-être nous surprenons-nous à serrer les mâchoires où à frisonner. Mais parfois, la mer se déchaîne et nous sommes pris d’une violente tempête intérieure. Rien de pire que ces états violents capables de nous prendre à la gorge et de nous mener au pire. Comment dès lors  ne pas se laisser sombrer ? Premier réflexe, pas de panique ! Nos émotions négatives nous guident ! Prenez en conscience… Elles agissent un peu comme un ami qui voudrait nous protéger en nous ouvrant les yeux. Miroirs de nos états intérieurs, elles révèlent ce qui n’a plus lieu d’être. Elles sont l’occasion de transcender ce qui doit l’être.

Qu’est-ce qu’une émotion négative ? Du mot latin “motio”(mouvement), une émotion est une réaction. Face à un événement (un mouvement extérieur), une vague de pensées traverse le mental et le corps, qui garde tout en mémoire, réagit. L’émotion nous gagne et finit par nous envahir… Nous avons tous nos façons de réagir face à un événement  : peur, colère, irritabilité, frustration, jalousie, ressentiment, tristesse, angoisse. Cette gamme de réactions traduit nos habitudes mentales… C’est un peu comme si l’événement déclenchait un de nos programmes comportementaux. Certains nous rendent actifs, d’autres passifs. La colère, forme active, engendre la haine et la violence. En général, une action suit : des insultes, des coups… Un peu moins actif, mais, latent : l’irritabilité et la frustration nous mènent à critiquer. Le mental se transforme en juge, tout comme sous la régence de la jalousie : le mental se compare incessamment au voisin, et le rabaisse. Avec le ressentiment, le mental résiste, rien dans cette vie n’a été comme cela aurait dû être. Le sentiment d’injustice lui ronge de l’intérieur : un peu comme un cancer.

Les émotions s’avèrent encore plus puissantes que nos pensées, car elles engendrent dans le corps et dans nos actions des conséquences, possédant la même qualité vibratoire. Je viens de me mettre en colère contre une personne. Au volant de ma voiture, je ressasse l’événement et j’accélère, sans vraiment faire attention au code sur la route. Une semaine plus tard, je reçois une amende pour excès de vitesse ! (véridique, cela vient de m’arriver !) En outre, avez-vous déjà remarqué comment après une grosse colère, on se sent épuisé ? La colère détruit littéralement nos cellules ! De même la tristesse use. Si ce sentiment nous habite pendant des années, le système immunitaire baisse drastiquement. Les émotions négatives engendrent de l’acidité dans le corps, elles peuvent provoquer des problèmes de digestion et tout un tas de désordres, le cancer n’arrive jamais du jour au lendemain.

Sous l’influence de ces émotions désagréables, qui nous tiraillent quotidiennement, nous cherchons tous une sécurité émotionnelle, ce qui engendre du coup des dépendances : dès que l’on se sent fragile, on prend un carré de chocolat ou une cigarette, voire un petit verre de vin ou bien des somnifères pour dormir ou encore on se réfugie dans le travail. On a peur du manque ? On cherche à le combler en s’entichant d’une personne croyant qu’elle nous remplira de ce vide absolument insupportable, mais qu’arrive-t-il le jour, où elle semble ne plus nous aimer ? On se réfugie où cette fois-là ? Dans l’argent ? Combien nous faut-il sur nos comptes en banque pour nous sentir en paix ? Nos émotions négatives nous poussent dans divers “isme” ‘de l’alcoolisme à la drogue, au travail, à “l’amour de consommation”… Mais aucune de ces dépendances ne règlent le problème, au contraire, elles ne font souvent que l’empirer.

Pour les yogis, la plus grande cause de ce cercle vicieux s’appelle l’ignorance – avidya en Sanskrit. Ignorance de nos origines. Pourquoi sommes-nous sur cette planète ? Après tout, nous n’y restons qu’en moyenne pour le moment 80 ans. A partir de 30 ans, le corps commence à se dégrader. Si l’on est attaché à notre image, beaucoup de souffrance en découle. Suis-je ce corps destiné à se décomposer au fil des ans ? Avouez que cette pensée n’a rien de très réjouissant ? Si l’on est attaché à son étiquette sociale ou à son rang, que deviendra-t-on le jour où l’on partira à la retraite ? Se mettra-t-on à tirer sur la foule comme le font les dictateurs, trop apeurés à l’idée de perdre leur pouvoir ou bien terminerons-nous avec une bonne dépression ? L’ignorance consiste à s’identifier à toutes ces choses périssables. Que sommes-nous vraiment ? La suite dans le prochain billet

 

Exercice pour aujourd’hui : à chaque fois qu’une émotion me gagne, j’observe sa nature. Je me sens bien ? On ne change rien. Vous vous sentez mal ? Accueillez cet état… soyez très patient avec vous-même. Ne jugez pas. Juste acceptez ce qui est. Asseyez vous sur une chaise. Respirez profondément, inspirez profondément. Sentez-vous baigner dans un halo de lumière. Sentez que cette lumière vous nettoie. Elle pénètre toutes les cellules de votre corps… Envoyez de l’amour et de l’harmonie à toutes ces cellules. Si c’est le comportement d’une personne qui vous a mis dans cet état, envoyez de la lumière à cette personne et souhaitez-lui de guérir de cette négativité. Répétez mentalement, je ne suis pas ces émotions… Je suis amour. L’amour est mon être véritable. Répétez cette phrase aussi longtemps que nécessaire, jusqu’à ce que vous vous sentiez mieux.